IA en entreprise : Maîtrise de l’intelligence artificielle pour créer de la valeur

Plus qu’un sujet technologique, l’IA devient un enjeu stratégique de gouvernance, de pilotage et de création de valeur. Echange avec Vincent Pons, Responsable Innovation et Marketing du groupe NowBrains.

L’essentiel de l’article
L’IA n’est pas uniquement une innovation technologique. Elle agit comme un accélérateur des dynamiques déjà présentes dans l’entreprise. Sans cadre stratégique clair, elle peut renforcer les risques et la complexité. Avec une approche structurée comme le modèle BPE (Business, Pilotage, Efficience), les dirigeants peuvent reprendre la maîtrise de leurs usages IA et transformer ces technologies en véritables leviers de performance durable.

Interview sur le rôle de dirigeants d’entreprise dans le contexte du développement de l’IA

Echange avec Vincent Pons, Responsable Innovation et Marketing du groupe NowBrains, pour comprendre ce qui se passe dans les entreprises aujourd’hui et comment il est possible de structurer une approche claire autour de l’intelligence artificielle.

NowBrains : On lit de plus en plus que l’IA agit comme un accélérateur des forces et des fragilités. Qu’en pensez-vous ?

Vincent Pons: On présente souvent l’intelligence artificielle comme une rupture technologique majeure. Dans la réalité des entreprises, l’IA agit d’abord comme un accélérateur de dynamiques déjà existantes.
Elle s’intègre dans des organisations confrontées à plusieurs tensions simultanées : pression économique, cybersécurité insuffisante, dette technique, multiplication des outils numériques et gouvernance des données encore insuffisamment structurée. L’IA ne crée pas ces fragilités. Elle les révèle et les amplifie.
Pour tous nos clients et partenaires disposants d’une vision claire, d’une gouvernance opérationnelle cohérente et de priorités bien définies, l’IA accélére l’innovation, la productivité et la prise de décision. C’est la version positive de l’usage de l’IA.
À l’inverse, dans une organisation fragmentée, elle peut rapidement renforcer :

  • les silos métiers,
  • les dépendances technologiques,
  • les risques liés aux données,
  • et la perte de contrôle sur les usages.

De fait, pour les dirigeants, la question n’est donc pas uniquement : “Quelle solution IA adopter ?” Elle est plutôt: “Comment conserver la maîtrise dans un environnement qui s’accélère ?”

Interview en vidéo de Vincent Pons sur les entreprises et leur adoption de l’intelligence artificielle

NB : A votre avis, pourquoi les directions générales manquent-elles de visibilité sur l’IA ?

VP : Sur le terrain, les initiatives IA se multiplient souvent sans coordination globale. Les collaborateurs utilisent déjà des outils comme ChatGPT ou Microsoft Copilot de manière autonome. Les métiers expérimentent des cas d’usage, parfois très pertinents. Les prestataires technologiques proposent des solutions performantes et rapidement déployables.
Pris séparément, ces signaux sont encourageants.
Mais au niveau du comité de direction, cette accumulation d’initiatives crée fréquemment un manque de lisibilité stratégique et la DSI a souvent de la peine à identifier et encadrer les différents usages.

L’écosystème IA devient flou. Et ce n’est pas simplement un défi technologique. C’est surtout un défi organisationnel, stratégique et humain, dont un CODIR doit s’emparer, car in fine, il porte la responsabilité d’un mauvais usage de l’IA et de ses conséquences pour l’ensemble de l’entreprise.
On peut citer l’exemple de la base de données client supprimée par l’IA qui a rencontré une situation inhabituelle et qui a pris la mauvaise décision (1).

NB : Que faut-il faire pour profiter pleinement de l’IA ?

VP : Les premiers gains liés à l’intelligence artificielle peuvent être rapides et visibles. Mais ces bénéfices restent fragiles lorsqu’ils ne reposent pas sur un cadre de confiance solide.
Cette confiance concerne plusieurs dimensions essentielles :

  • la qualité des données utilisées,
  • la transparence des usages,
  • la collaboration entre métiers et DSI,
  • la capacité du management à arbitrer,
  • la capacité à mesurer et à prévoir les investissements IA,
  • la compréhension des risques associés.

Contrairement aux idées reçues, construire ce cadre ne signifie pas instaurer immédiatement une gouvernance lourde ou complexe.

Le rôle du comité de direction est d’abord de :

Grâce à ce travail, l’IA peut rapidement devenir un levier puissant de performance et de transformation.

NB : Que recommanderiez-vous à un dirigeant qui doute ou ne sait pas par où commencer ?

VP : Chez NowBrains, nous avons développé l’approche BPE. C’est un cadre simple pour aider les dirigeants à prendre de la hauteur face à la complexité de l’IA. BPE ne constitue ni un mode de gouvernance supplémentaire, ni une liste d’outils technologiques.
Il s’agit d’une boussole stratégique permettant d’évaluer les impacts réels de l’IA selon trois dimensions complémentaires.

schema de la méthode BPE pour mieux aborder l'IABusiness : où l’IA crée-t-elle réellement de la valeur ?
Pilotage : comment améliorer la qualité des décisions ?
Efficience : l’organisation fonctionne-t-elle réellement mieux ?

Une fois cette lecture structurée mise en place, l’entreprise peut construire une trajectoire IA cohérente, alignée avec ses priorités stratégiques.
Elle peut utiliser la méthode BPE au début de son approche puis régulièrement pour valider un nouveau projet.
Nos équipes peuvent venir aider à animer cette réflexion au sein d’un CODIR et clarifier les options.

(1) source : Solutions numériques 

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